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Jour 11, jeudi. Et la vie suit son cours tranquillement, oscillant entre bonne et mauvaise humeur, se balançant entre jardinage, bar et peinture, continuant de... Intell ? Tu crois que je t'ai pas vu ? Voilà que tu picoles dans la cuisine, maintenant, bien planqué de tous !

Intell : Je picole pas, je bois un jus de tomate, nuance.

Hein ? Et depuis quand tu bois du jus de tomate, toi ?

Intell : Depuis que je sais que les jus 100% naturel, c'est bon pour la santé et le corps. Et le corps, justement, j'ai pas fini de le sculpter. Non mais t'as vu mes abdos en béton ?

Ah... euh... ahem... oui... j'ai vu... hem... houlala... bon jus... pfiou, fait chaud d'un coup...


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Tu sais mon chou, c'est pas parce que tu as des abdos en béton qu'il faut que tu te mettes à baver sur ma plastique irréprochable dès que j'ai le dos tourné !

Intell : Ah non mais c'est pas vrai, comment tu fais pour toujours tout voir, toi ? Et puis c'est pas vrai, c'est pas sur toi que je bave.

Sur qui alors ? Désolée mais à part Hanyo qui attend sa place aux toilettes, je vois personne d'autre...


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Tiens, à propos d'Hanyo... Je peux savoir ce que tu fais, là ?

Hanyo : Ca se voit pas ? Je danse le smustle !

Et tu danses toute seule sous la neige, en plein milieu du jardin ? Et ça te dérange pas ?

Hanyo : J't'en pose, moi, des questions ?

Okay... sale caractère avec ça. Bon, c'est sûr, nous en avons la preuve vivante aujourd'hui : la cohabitation mène au pétage de plomb ! Et tout ça a cause de qui ? Je vous le donne en mille : Intell !


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C'est bientôt l'heure de manger, et il faut donc que je me colle aux fourneaux avant que sept morfales me hurlent dessus sous prétexte qu'ils ont faim et que la bouffe n'est pas prête.  Remarquez, y en a un qui n'a pas attendu avant de venir m'embêter.

Intell : Bon ça y est, ça vient ? J'ai faim moi !

Si t'es pas content, tu te fais ta cuisine tout seul, gaillard ! Et arrête de mater mes fesses, tu seras gentil.

Intell : Pas de ma faute, tu me tournes le dos.

Ca veut dire que si je te tournais pas le dos, tu aurais maté autre chose ?

Intell : Ben... c'est normal, non ? Et en plus, t'es en maillot de bain. Franchement, si c'est pas asticoter les hormones du seul vrai mec de la maison, j'me demande bien ce que c'est !

Ma poele en fonte, elle est où ?


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Histoire de ne plus avoir ses abdos en téflon devant les yeux, j'ai envoyé Intell faire le jardin. Faut dire que le gaillard est plutôt doué, point de vue entretien des petites plantes, et les concombres adorent quand il s'occupe d'eux. C'est d'ailleurs ce qui a permis à notre lapounet national d'obtenir un badge d'or en jardinage, ce qui me conforte davantage dans ma décision de faire d'Intell notre jardinier officiel.


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Jour 12, vendredi. Si Hanyo a commencé à montrer quelques petits signes de folie, Intell, lui, a complètement pété les plombs en se mettant à parler aux plantes, comme si ces dernières allaient lui répondre.

Intell : Vous savez, je vis un enfer ici. Quelle idée j'ai eu de vouloir faire un défi et de m'y être incrusté ? La vie est injuste parfois. Et les filles aussi, elles sont injustes. Regardez Fonsine. Elle, elle veut toujours gagner de l'argent, mais moi aussi, et pourtant je le crie pas à tout le monde. Et puis Parker... Ah, celle-là, je te me te la jetterai dans un bidon d'essence, ça va pas faire un pli !

Bref, voyez le genre. Il raconte sa vie, se plaint de son triste sort, nous fait passer pour des bourreaux, nous les pauvres filles émotives et fragiles que nous sommes. Dire que nous ne sommes QUE le premier jour du printemps...


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Pendant ce temps-là, les conversations allaient bon train, surtout entre Misky et Fonsine.

Fonsine : T'as remarqué le comportement d'Intell ? Il ne va plus bien du tout ces derniers temps.

Misky : Oui, je sais. Tomy m'a dit que Zundapp lui avait dit qu'Hanyo lui avait dit que Parker lui avait dit qu'il commençait à devenir complètement zinzin. Sans doute une conséquence de ce défi. Le pauvre, il doit mal supporter d'être enfermé comme ça. Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui ?

Fonsine : On pourrait peut-être l'embrasser, ça lui remonterait le moral.

Misky : Je sais pas, faudrait en parler à Parker, c'est elle la chef ici.


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Aussitôt dit, aussitôt fait. Les filles sont arrivés dans le salon pour me parler de l'état inquiétant d'Intell lorsque tout à coup, j'ai aperçu une silhouette familière passer devant la fenêtre. Mais c'est... Tomy ! Qu'est-ce que tu fais, bon sang de bonsoir de bonjour madame !

Tomy : J'en ai marre d'être enfermé, alors je vais à l'école.

Non, non, non, il n'en est pas question ! Rentre à la maison tout de suite ou je viens te chercher par la peau des fesses ! Ah, on les laisse deux minutes sans surveillance et voilà le résultat !


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L'arrivée du printemps signifie aussi le retour du jardinage à l'extérieur. Et comme Intell a fait la grève sur le tas, c'est Zundapp qui s'y est collée de bon coeur. Bon, faut dire qu'Intell n'a pas vraiment la tête à manier la bêche, actuellement. Il préfère s'enfoncer dans sa déprime et laisser tomber tout le monde pour aller pleurer dans un coin, lorsqu'il n'est pas en train de lorgner sur les filles en espérant qu'elles tomberont un jour le manteau.


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Le soir, Intell en a eu ras-le-bol de devoir se trimballer en permanance avec son pull et son écharpe. Pensez-vous, c'est pas avec un jacquard qu'il allait se faire un style et tomber les minettes, hein ? Alors il a sorti d'on ne sait où l'ensemble du parfait dragueur. Chemise en soie rouge, jean noir moulant, santiags en peau de croco. Bref, le top du top tendance.

Intell : Alors si avec ça j'en fais pas tomber une dans mes bras, c'est que j'y comprends plus rien. R'garde-moi ça comme je suis beau, comme ça. Ah, y a une mèche qui rebique, ici... Je vais toutes les avoir à mes pieds.


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Et pendant qu'Intell vérifiait son nouveau look dans la glace, Misky, la douce et tendre Misky, la gentille Misky commençait maintenant à s'inquiéter.

Misky : On est au printemps et le lac est encore gelé... Oh, comment on va faire pour manger ? Et puis, il fait toujours froid, je suis obligée de manger avec mes moufles. Oh, mon Dieu, est-ce que j'ai bien fermé le robinet de la douche ?

Un chouette printemps en perspective, moi j'dis...