07 juillet 2007
6. Intell, le Seul, l'Unique...

Jour 11, jeudi. Et la vie suit son cours tranquillement, oscillant entre bonne et mauvaise humeur, se balançant entre jardinage, bar et peinture, continuant de... Intell ? Tu crois que je t'ai pas vu ? Voilà que tu picoles dans la cuisine, maintenant, bien planqué de tous !
Intell : Je picole pas, je bois un jus de tomate, nuance.
Hein ? Et depuis quand tu bois du jus de tomate, toi ?
Intell : Depuis que je sais que les jus 100% naturel, c'est bon pour la santé et le corps. Et le corps, justement, j'ai pas fini de le sculpter. Non mais t'as vu mes abdos en béton ?
Ah... euh... ahem... oui... j'ai vu... hem... houlala... bon jus... pfiou, fait chaud d'un coup...

Tu sais mon chou, c'est pas parce que tu as des abdos en béton qu'il faut que tu te mettes à baver sur ma plastique irréprochable dès que j'ai le dos tourné !
Intell : Ah non mais c'est pas vrai, comment tu fais pour toujours tout voir, toi ? Et puis c'est pas vrai, c'est pas sur toi que je bave.
Sur qui alors ? Désolée mais à part Hanyo qui attend sa place aux toilettes, je vois personne d'autre...

Tiens, à propos d'Hanyo... Je peux savoir ce que tu fais, là ?
Hanyo : Ca se voit pas ? Je danse le smustle !
Et tu danses toute seule sous la neige, en plein milieu du jardin ? Et ça te dérange pas ?
Hanyo : J't'en pose, moi, des questions ?
Okay... sale caractère avec ça. Bon, c'est sûr, nous en avons la preuve vivante aujourd'hui : la cohabitation mène au pétage de plomb ! Et tout ça a cause de qui ? Je vous le donne en mille : Intell !

C'est bientôt l'heure de manger, et il faut donc que je me colle aux fourneaux avant que sept morfales me hurlent dessus sous prétexte qu'ils ont faim et que la bouffe n'est pas prête. Remarquez, y en a un qui n'a pas attendu avant de venir m'embêter.
Intell : Bon ça y est, ça vient ? J'ai faim moi !
Si t'es pas content, tu te fais ta cuisine tout seul, gaillard ! Et arrête de mater mes fesses, tu seras gentil.
Intell : Pas de ma faute, tu me tournes le dos.
Ca veut dire que si je te tournais pas le dos, tu aurais maté autre chose ?
Intell : Ben... c'est normal, non ? Et en plus, t'es en maillot de bain. Franchement, si c'est pas asticoter les hormones du seul vrai mec de la maison, j'me demande bien ce que c'est !
Ma poele en fonte, elle est où ?

Histoire de ne plus avoir ses abdos en téflon devant les yeux, j'ai envoyé Intell faire le jardin. Faut dire que le gaillard est plutôt doué, point de vue entretien des petites plantes, et les concombres adorent quand il s'occupe d'eux. C'est d'ailleurs ce qui a permis à notre lapounet national d'obtenir un badge d'or en jardinage, ce qui me conforte davantage dans ma décision de faire d'Intell notre jardinier officiel.

Jour 12, vendredi. Si Hanyo a commencé à montrer quelques petits signes de folie, Intell, lui, a complètement pété les plombs en se mettant à parler aux plantes, comme si ces dernières allaient lui répondre.
Intell : Vous savez, je vis un enfer ici. Quelle idée j'ai eu de vouloir faire un défi et de m'y être incrusté ? La vie est injuste parfois. Et les filles aussi, elles sont injustes. Regardez Fonsine. Elle, elle veut toujours gagner de l'argent, mais moi aussi, et pourtant je le crie pas à tout le monde. Et puis Parker... Ah, celle-là, je te me te la jetterai dans un bidon d'essence, ça va pas faire un pli !
Bref, voyez le genre. Il raconte sa vie, se plaint de son triste sort, nous fait passer pour des bourreaux, nous les pauvres filles émotives et fragiles que nous sommes. Dire que nous ne sommes QUE le premier jour du printemps...

Pendant ce temps-là, les conversations allaient bon train, surtout entre Misky et Fonsine.
Fonsine : T'as remarqué le comportement d'Intell ? Il ne va plus bien du tout ces derniers temps.
Misky : Oui, je sais. Tomy m'a dit que Zundapp lui avait dit qu'Hanyo lui avait dit que Parker lui avait dit qu'il commençait à devenir complètement zinzin. Sans doute une conséquence de ce défi. Le pauvre, il doit mal supporter d'être enfermé comme ça. Qu'est-ce qu'on peut faire pour lui ?
Fonsine : On pourrait peut-être l'embrasser, ça lui remonterait le moral.
Misky : Je sais pas, faudrait en parler à Parker, c'est elle la chef ici.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les filles sont arrivés dans le salon pour me parler de l'état inquiétant d'Intell lorsque tout à coup, j'ai aperçu une silhouette familière passer devant la fenêtre. Mais c'est... Tomy ! Qu'est-ce que tu fais, bon sang de bonsoir de bonjour madame !
Tomy : J'en ai marre d'être enfermé, alors je vais à l'école.
Non, non, non, il n'en est pas question ! Rentre à la maison tout de suite ou je viens te chercher par la peau des fesses ! Ah, on les laisse deux minutes sans surveillance et voilà le résultat !

L'arrivée du printemps signifie aussi le retour du jardinage à l'extérieur. Et comme Intell a fait la grève sur le tas, c'est Zundapp qui s'y est collée de bon coeur. Bon, faut dire qu'Intell n'a pas vraiment la tête à manier la bêche, actuellement. Il préfère s'enfoncer dans sa déprime et laisser tomber tout le monde pour aller pleurer dans un coin, lorsqu'il n'est pas en train de lorgner sur les filles en espérant qu'elles tomberont un jour le manteau.

Le soir, Intell en a eu ras-le-bol de devoir se trimballer en permanance avec son pull et son écharpe. Pensez-vous, c'est pas avec un jacquard qu'il allait se faire un style et tomber les minettes, hein ? Alors il a sorti d'on ne sait où l'ensemble du parfait dragueur. Chemise en soie rouge, jean noir moulant, santiags en peau de croco. Bref, le top du top tendance.
Intell : Alors si avec ça j'en fais pas tomber une dans mes bras, c'est que j'y comprends plus rien. R'garde-moi ça comme je suis beau, comme ça. Ah, y a une mèche qui rebique, ici... Je vais toutes les avoir à mes pieds.

Et pendant qu'Intell vérifiait son nouveau look dans la glace, Misky, la douce et tendre Misky, la gentille Misky commençait maintenant à s'inquiéter.
Misky : On est au printemps et le lac est encore gelé... Oh, comment on va faire pour manger ? Et puis, il fait toujours froid, je suis obligée de manger avec mes moufles. Oh, mon Dieu, est-ce que j'ai bien fermé le robinet de la douche ?
Un chouette printemps en perspective, moi j'dis...
09 juillet 2007
7. La grosse déprime

Jour 13, samedi. On peut dire que la matinée commence bien pour certains, et en l'occurence pour Zundapp qui nous fait un petit coup de calcaire. Bah alors Zun, ça va pas ?
Zundapp : Nan ! J'en ai marre de cette maison de fous. Personne ne m'aime ! Moi j'veux m'amuser, sortir, avoir des rendez-vous, trouver un mec, mais je peux rien faire de tout ça ! J'suis déprimée !
J'admets que c'est pas si facile de vivre avec sept tarés autour de soi, mais tu sais, on finit par s'y habituer, à force. Allez, arrête de pleurer et débarasse la table, c'est à ton tour de mettre au lave-vaisselle.
Zundapp : Tu vois, toi aussi, tu ne m'aimes pas !
Mais qu'est-ce qu'il faut pas entendre, je vous jure...

Euh, Zundapp... je t'avais dit "mettre au lave-vaisselle"... C'est pas ça, le lave-vaiselle. Ca, c'est la cuisinière.
Zundapp : Ca va, me prends pas pour une cruche, je sais bien que c'est une cuisinière.
D'accord... alors qu'est-ce que tu fais avec cette pauvre cuisinière, dans ces cas-là ?
Zundapp : Je me fais une pâtisserie fourrée. J'en ai marre de pas pouvoir faire ce que je veux alors maintenant, je fais ce que je veux, et je veux une pâtisserie fourrée, alors je me fais une pâtisserie fourrée. Ca te pose un problème ?
Hola ! Tu vas finir par prendre le sale caractère d'Hanyo, si ça continue.

Tu m'as enfin l'air contente. C'est la première fois que ça arrive depuis que tu es debout. Je peux connaître la cause de ce revirement ?
Zundapp : Bah, après ma pâtisserie fourrée, j'ai eu envie de jardiner, alors je suis allée jardiner. Même que j'ai eu un badge d'argent !
Bravo ! Avec ça, tu vas pouvoir aider Intell au jardin.
Zundapp : Et puis quoi encore ? Tu vois pas que je suis encore déprimée ?

Déprimée, déprimée... c'est vite dit, hein ? L'a pas besoin d'être déprimée pour se faire cocktails sur cocktails, la petite Zundapp.
Zundapp : Nan mais t'as pas autre chose à faire que de me suivre constamment ?
Ecoute ma grande, si je te suis, c'est parce que j'ai été désignée pour raconter notre séjour dans cette baraque. Alors il faut bien que j'espionne tout le monde pour en faire un bon résumé. Tiens, à propos, je devrais peut-être aller voir ce que fais Intell dans la salle de bain depuis deux heures...

La journée se passe tranquillement et vient l'heure de la queue aux toilettes. Bah oui, tout le monde a toujours envie d'aller faire pipi en même temps, à croire qu'on s'est tous donné le mot. T'aurais quand même pu installer plusieurs WC, Intell.
Intell : Oh, tu sais, c'est pas ça qui importe. T'es plutôt mignonne dans ton genre. Je suis sûr que ta main est douce et délicate...
Oh, oh, oh ! Pas de ça avec moi, gaillard ! Je suis pas aspiration amour, moi !
Hanyo : Vous le dites si je vous dérange, les amoureux...
Nan mais c'est pas ce que tu crois, Hanyo... Intell me caressait la main... enfin non... ah, c'est pas ce que j'ai voulu dire...
Hanyo : La chambre est libre, si vous voulez.
Mais qu'est-ce que tu racontes ? Oh, puis flûte...

Jour 14, dimanche. Mais qu'est-ce que fais Hanyo depuis plusieurs heures ? De la fenêtre, j'ai un peu de mal à voir mais quelque chose me dit que c'est pas pour aller le draguer... encore qu'avec elle, je me méfie. Mais je me méfie surtout d'Intell qui voudrait bien qu'une nana lui tombe dans les bras. Faut que j'aille voir ça de plus près.
Hanyo : Je suis sûre qu'il y a quelque chose entre Parker et Intell... Faut que je les surveille de près, ces deux-là, on sait jamais...
J'aurais peut-être pas dû aller voir, finalement...

Plus le temps passe, et plus les pressions et les fatigues se ressentent en chacun de nous, et surtout sur Misky qui a de plus en plus de mal à supporter cette condition de, comment dirais-je... colocation à l'étroit. Voilà, ce sont les mots justes.
Misky : Ah, comme je maudis Intell en ce moment...
Fonsine : C'est rien Misky, ça va passer. Fais comme moi et occupe-toi de ta toile.
Misky : Mais j'en ai marre de peindre. Marre de supporter tout le monde. Marre de dormir n'importe où et n'importe quand. J'ai pas envie de passer ma vie enfermée ici, je veux trouver un mari et avoir plein de gosses.
Fonsine : T'avais qu'à être aspiration argent, tu t'en serais mieux sortie.
Ca sent la grosse déprime, là encore...

Fonsine : Alors tu vois, j'aurais bien aimé installer un horodateur dans mon challenge du supermarché mais je sais pas si je dois, t'en pense quoi Hanyo ?
Hanyo : J'en pense qu'il est vraiment chou, Intell... Je comprends pourquoi y a quelque chose entre lui et Parker, même s'ils veulent pas l'admettre. Je les aurais, foi d'Hanyo !
Fonsine : Hanyo ? Tu m'écoutes ?
Intell : T'occupe Fonsine, quand elle a un verre à la main, elle est sur une autre planète.
Hanyo : Nan mais je vais quand même réussir à les surprendre... Ah, j'y étais presque hier ! Je suis sûre qu'elle m'a raconté n'importe quoi et qu'il lui a bien caressé la main !

Ce soir, c'est un soir spécial puisque c'est l'anniversaire de Tomy... Tiens, on croirait que je raconte un de mes challenges là, sauf que c'en est pas un... enfin si... enfin ça dépend de quel côté on se place. Bref ! Tout le monde s'est réuni autour de notre petit Tomy pour le voir enfin grandir. Faut reconnaître que c'est un sacré évènement.
Ange : Alors Tomy, ça y est, tu vas devenir grand ?
Fonsine : Ca se fête ça, dommage qu'on ait pas le droit d'acheter de gâteau.
Hanyo : Nan mais sérieux, il se passe quelque chose entre eux... Et d'abord... où est Intell ?

Et Tomy est enfin passé dans le monde des adultes. Ca fait bizarre d'ailleurs, nous qui avions toujours eu l'habitude de le voir ado. Bravo Tomy, je suis fière de toi, t'es beau comme tout !
Tomy : Hé, hé, tu m'étonnes ! Je vais en faire craquer des coeurs avec toutes les filles qui m'entourent !
Euh... ouais... mais doucement quand même hein, je te rappelle que ce sadique d'Intell a interdit les relations amoureuses... si c'est pas malheureux. Enfin, le principal c'est que tu aies bien grandi...

Enfin... je veux dire... mal grandi... Ca va Tomy ?
Tomy : Agha... aaaah... blblblblblaaaaaaaa...
Ok, c'est pas la grosse forme. Bon, bouge pas, j'appelle le Dr Foltaré... Et dire que ça va encore durer plusieurs jours...
11 juillet 2007
8. Comme une traînée de poudre

Jour 15, lundi. Le printemps est toujours à nos portes depuis samedi dernier, ça se voit partout : les oiseaux, les petites fleurs dans la pelouse et les désirs débiles de mes colocataires. Heureusement que je fais bande à part, comme la bonne aspi connaissance que je suis. C'est bien beau le printemps, mais il y en a une qui commence à supporter de moins en moins le fait de devoir se passer d'un mec. Oui, vous l'avez deviné, c'est Misky. Je l'ai surprise tout à l'heure en train de discuter avec Fonsine. Elle disait qu'elle en avait assez, qu'elle voulait une autre vie que celle dans laquelle on est embarqués et que le mieux pour elle était de partir. Moi, quand j'ai entendu ça, prévoyante comme je suis, j'ai tout de suite coché les remplaçants susceptibles de faire le remplacement pour la remplacer !

Et Misky a continué à en parler avec sa copine, mettant Intell dans la confidence :
Misky : Je sais que vous comptez un peu sur moi, mais c'est trop difficile. Vous comprenez ?
Fonsine : Bien sûr qu'on comprend. T'as toujours été plus fragile que les autres, c'est normal que tu endures moralement plus que nous. Qu'est-ce que tu en dis Intell ?
Intell : J'en dis que si elle part et qu'elle a une barre de compétence pleine, ça fait 25 points pour notre pomme et c'est tout bénèf. Dis, c'est quoi cette horreur ?
Fonsine : Ca ? C'est un vase Kling. Maintenant je sais qu'on a accès à la déco, j'ai décidé de me faire une folie. Ca te pose un problème ?
Intell : Ah, j'aurais pas dû instaurer ça dans la règle...

Tandis que Misky commençait à faire ses bagages dans l'intention de céder sa place, Tomy, lui, continuait de nous péter câble sur câble.
Tomy : Tu sais qu't'es mignonne, ma poule ? Oh, viens là, grande folle, que j'te donne un baiser !
Ce qu'il n'a pas encore compris, c'est que c'est pas en embrassant un balai qu'il validera son désir du premier baiser... M'enfin, comme on dit, faut pas contrarier les fous.

Le soleil s'est levé et darde ses rayons sur la campagne qui... hum... pardon... déformation professionnelle. Donc, je disais : y a du soleil et trois de nos compagnons ont décidé qu'il était temps de reprendre la pêche et de faire nos provisions, maintenant que le lac s'était enfin décidé à dégeler. Et les conversations se tournent vers une rumeur idiote qui commence à circuler partout.
Ange : Paraît que Parker et Intell ont eu le coup de foudre l'un pour l'autre. C'est Hanyo qui m'a dit ça.
Zundapp : Nan, tu déconnes ? Parker, elle en pince pas pour Intell, ça se saurait.
Tomy : Hanyo m'a aussi dit des trucs. Paraît qu'Intell lui a caressé la main l'autre jour et que Parker a fait l'innocente en disant qu'il s'était rien passé.
Ange : Je suppose qu'Hanyo va continuer d'enquêter. Je voudrais bien connaître le fin mot de l'histoire. Surtout qu'il est mignon, Intell.

Et l'instant arrive enfin où Misky prend le journal pour trouver une petite maison sympa où elle pourrait fonder une grande famille. Allez, t'en fais pas ma grande, je t'installerai à Cristal Valley et tu trouveras un bel homme avec qui finir ta vie... ou ce qu'il en reste.
Misky : Merci, t'es gentille. C'est pas facile de partir mais il le faut. Je vous écrirai, promis !

Et notre belle Misky est partie, l'âme en peine, les larmes aux bords des yeux. Même à moi, ça me fait bizarre de plus la voir, notre brave et douce Misky, mais je lui promets une belle vie rien que pour son elle-Sim, avec un beau p'tit mari, une tripotée de gosses et plein de sous ! Elle est pas belle, la vie, finalement ? Bon, le remplaçant maintenant, il vient ou quoi ?

Ah, le voici ! Maël, enchantée de te connaître. Moi, c'est Parker Jones, mais tu peux m'appeller Parker ou Maîtresse, c'est selon... Encore que je préfère Maîtresse. Mais bref, que je t'explique un peu le topo. Ici, c'est moi la chef. On respire quand je le décide, on mange quand je le décide et on dort quand je le décide. Maël, as-tu la force morale d'obéir aux ordres et de rester stoïque face au danger et une mort certaine ?
Maël : Je sais ! Je sais ! C'est Pirates de Caraïbes, ça... non ?
Hum... on va dire que oui...

Jour 16, mardi. Maël s'en sort pas trop mal pour le moment. Il a réussi à se fondre aux autres et a visiblement trouvé le bar bien plus rapidement que le plus pochtron de notre équipe (non, je ne nommerai pas Intell). D'ailleurs, ce dernier est bien décidé à lui apprendre à faire un bon cocktail.
Intell : Tu vois, l'important c'est d'avoir le dosage parfait. Ensuite, tu mélanges bien avec de la glace pilée. Tiens, je te montre.
Maël : Te fatigue pas, je sais déjà comment on fait.
Eh bien, il promet, le p'tit nouveau.

Oui, vous avez bien vu, c'est bien moi sur cet engin de torture. Ma barre de compétence créativité étant pleine, je me suis finalement décidée à m'attaquer au physique... et j'admets, c'est vraiment pas facile ! Rah, mais comment il fait, Intell, pour pousser ces machins-là ? Ca pèse une tonne ! Encore dix comme ça et je me casse les bras, c'pas possible ! Bon, courage, si Ange et Fonsine ont réussi, je vous pas pourquoi j'y arriverais pas ! Une... deuuuux... uuuuune... deuaïe !

Jour 17, mercredi. Nous sommes le premier jour de l'été... ou plutôt, la première nuit de l'été, voilà ce qui serait plus exact. Maël essaye de rendre service comme il peut en allant récolter les légumes. Et je peux vous dire que rien que la tête des légumes, la récolte promet d'être d'être bonne et même très bonne. Quelques concombres alléchants par-ci, quelques tomates alléchantes par-là, un panier de fraises tout aussi alléchantes... y a pas à dire, Intell a fait du beau boulot. Ca mériterait que je l'embrasse... enfin non, je veux dire... ah, mais j'ai pas voulu dire ça ! Oh, et puis pensez ce que vous voulez, après tout, je m'en fiche...

Et les ragots continuent de plus belle, et je peux vous dire que ça commence à m'agacer sévèrement !
Hanyo : J'te jure que j'en suis sûre ! Quand elle regarde Intell, elle a des étoiles dans les yeux. Y a quelque chose entre eux, j'en mettrais ma tête à couper.
Fonsine : Quand même... Parker et Intell... c'est pas possible, c'est toujours lui qu'elle fait souffrir le plus.
Hanyo : Ben justement ! Ne dit-on pas : qui aime bien châtie bien ? Tiens, l'autre jour encore, j'ai surpris Intell dans la cuisine qui regardait Parker en maillot de bain ! En maillot de bain ! Mais pourquoi elle se promènerait en maillot de bain devant lui ?
Maël : Hein ? Parker et Intell sont ensemble ? Ah, mince, je savais pas...
Et voilà comment une rumeur à la noix se répend comme une traînée de poudre.

Et histoire de bien enfoncer le clou, voilà que Maël s'y met aussi :
Maël : Tu sais, si tu veux faire un cadeau romantique à Parker, je te conseille un collier de perles. C'est beau les perles, et c'est très romantique.
Intell : Mais... mais mais mais... de quoi tu parles ?
Maël : Ben, de toi et Parker. Hanyo a dit que vous sortiez ensemble !
Intel : Mais... mais mais mais... c'est pas vrai !
Maël : Ah, elle m'a aussi dit que tu essayerais de nier. Bon, comme je te disais, le collier de perles, y a que ça.
Et dire que le défi continue après celui-ci... prêtez-moi une poutre et une corde, je sens que je vais aller me pendre...
20 juillet 2007
9. Proche de la fin

Jour 18, jeudi. Ah, ça c'était sûr. On ne pouvait pas passer éternellement à côté d'une catastrophe. Il a fallu que ça arrive un jour ou l'autre.
Maël : Ah ! Au feu ! Au secours ! Je brûle ! J'vais mourir !
Fonsine : Mais non, tu brûles pas. Attends, j'ai vu l'extincteur dans un coin. Bouge pas, je reviens !
Maël : Aaaaaah, mais ça chauffe !
Fonsine : Euh... Où est-ce que je l'ai vu déjà ? Tiens bon, je réfléchis... dans un placard de la cuisine ? Non, je crois pas...
Heureusement que l'incendie n'a pas eu lieu dans la maison parce que le temps que Fonsine trouve l'extincteur, on serait déjà tous morts.

Maël : Eh, Tomy, pourquoi est-ce qu'on doit passer notre vie à pêcher et à jardiner ?
Tomy : Ca, c'est à cause d'Intell. Il a interdit les ravitaillements extérieurs, faut qu'on fasse tout en otarie... en otoracie... en... euh... tout seul, quoi !
Maël : Ah, donc on pêche et on jardine pour se nourir, c'est ça ? Mais pourquoi y a plus rien dans le jardin, alors ?
Tomy : C'est parce qu'on a suffisemment de réserve pour l'instant. De toute façon, on se tire de ce trou à rat dans trois jours.
Maël : Ah... alors pourquoi on continue de pêcher ?
Tomy : Mais t'arrêtes tes questions, ouais ?

Ah nan mais c'est pas vrai, voilà que je fais cramer le p'tit dèj', moi, maintenant ! Comme si l'incendie n'avait pas suffi, une veine que la cuisinière n'ait pas pris feu. Bon, c'est pas grave, personne n'a rien vu, je vais mettre ça au frigo et je me carapate vite fait avant que...
Tomy : Parker, ça sent bizarre, c'est toi qui cuisine ?
Euh... oui... enfin non... enfin, ça dépend, pourquoi ?
Tomy : Ah bah c'est très bien parce que Maël et moi, on a faim !
Ah... euh... hum... ok... bah, vous allez goûter à une nouvelle recette qui me vient de ma grand-mère : les omelettes brûl... euh... braisées ! Oui, c'est ça... braisées...

Finalement, mes omelettes braisées ne s'en sont pas si mal sorties. Tout le monde a mangé. Bon, y a bien eu quelques grognements par-ci par-là, mais j'étais plus là pour les entendre. Le soir, alors que tout le monde vaquait à ses occupations, j'ai surpris Tomy qui engueulait copieusement la pauvre Hanyo :
Tomy : Nan mais mince, Hanyo ! Ca se fait pas de casser la douche comme tu l'as fait !
Hanyo : Mais... je l'ai pas fait exprès. C'est le robinet, il m'est resté dans la main.
Tomy : C'est parce que tu l'as tourné comme une brute ! Maintenant, tu files réparer si tu veux pas que je le dise à Parker.
Pour une fois que c'est pas moi qui sermonne, c'est agréable !

Jour 19, vendredi. Hanyo ? Euh... tu fais quoi, là ? Tu dors ?
Hanyo : Zzzzzmmmh ? Hein ? Oh, c'est toi... j'crois que j'm'suis endormie.
Tu sais qu'il y a des lits, pour ça, non ?
Hanyo : Nan, ils sont tous pris. Je leur ai dit, pourtant, que j'étais crevée, mais ils ont tous piqué les plumards pendant que j'avais le dos tourné ! Ah, qu'est-ce que j'en ai marre. Allez, encore deux jours à tenir et on se tire de cette baraque. Bon, tu m'excuses, j'ai du sommeil en retard.
Euh... bon bah, bonne nuit...

Pendant qu'Hanyo rêve d'un lit bien douillet, Maël, lui, se rapproche de plus en plus de notre Ange.
Maël : Je t'assure, tu es mignonne comme tout. J'adore les mèches dans tes cheveux, ça te donne une mine éblouissante !
Ange : Oh, c'est vraiment gentil... tu es chou !
Oh ! Eh ! Stop ! On s'en est sortis pendant 19 jours sans une seule aventure romantique, alors n'allez pas tout gâcher maintenant ! Je tiens à ma réputation, moi !
Ange : Parker, t'es vraiment pas amusante. Il me faisait juste un compliment.
Oui bah je les connais, ces genres de compliments. Un compliment par-là, un compliment par-ci, et le reste dans le lit ! Allez ouste, filez vous coucher... et séparément, s'il vous plaît !

Jour 20, samedi. Proche de la fin ! Bon, Intell, avant que tout le monde se quitte, je tiens à mettre les choses au point avec toi. Tu n'es pas sans connaître cette fichue rumeur qui circule depuis quelques jours, n'est-ce pas ?
Intell : Celle qui dit qu'on est ensemble ?
Ouais, celle-là. Il faudrait que tu leur dises qu'on est juste amis, et c'est tout.
Intell : Ben, pourquoi moi ?
Parce que moi, personne ne m'écoute ! Nan mais c'est vrai, quoi ! C'est quoi cette rumeur débile ? Alors tu y vas, et tu leur expliques qu'il n'y a absolument rien entre nous, compris ? Et comme ça, je pourrai peut-être quitter cette baraque de fous avec mon honneur intact. Franchement, comme si tu m'intéressais. C'qu'y faut pas entendre, parfois...
Intell : Bah moi, je te trouve mignonne et sympa...
Ok... je vais le faire moi-même, j'ai pas confiance...

Intell : Donc, Parker m'a dit de te dire qu'on était copains, elle et moi.
Hanyo : Copains ? Mais copains comment ?
Intell : Bah copains comme copains, quoi... M'oblige pas à t'apporter un dico.
Hanyo : Ok, donc c'est ta copine, c'est ça ?
Intell : Bé oui, qu'est-ce que je viens de te dire !
Hanyo : Je l'savais ! Je l'savais ! Et en plus, il vient me l'avouer ! Je l'savais ! Ah, j'suis trop forte !
23 juillet 2007
10. Délivrance ? Vraiment ?

Jour 21, dimanche. Je me sens toute contente aujourd'hui, peut-être parce que c'est dimanche et que c'est le dernier jour de ce défi de cinglé. Je vais pouvoir retrouver mon petit chez-moi, mes chats, mon frérot... Pour fêter ça, je suis allée en ville acheter des fringues. 21 jours avec les mêmes et sans machine à laver, moi j'vous l'dis, c'est l'enfer. Il était temps qu'on s'habille autrement. J'ai donc claqué tout l'argent qu'on avait mis de côté. Certains ne vont pas être contents, mais comme c'est moi qui commande...

Hou, que je suis belle comme ça. J'adore ce petit ensemble jean moulant, chaussures à talons aiguilles et petit haut bien sympathique. Forcément, ça me change. J'en avais marre de me voir toujours vêtue de la même façon. Les autres aussi ont eu l'air d'apprécier leur cadeau... sauf Intell, lui, il a préféré garder sa "panoplie de dragueur" qu'il s'était acheté en cachette et sans que personne ne le voie.

Dans l'après-midi, nous avons organisé une réunion afin de se dire au revoir et de se souvenir des bons moments qu'on a passé ensemble... tout aurait pu très bien se passer si Intell n'avait pas pris la parole.
Intell : Bien, je vais profiter que nous soyons réunis pour vous annoncer quelque chose. Ce défi n'est pas terminé !
Hanyo : Bien sûr, tu crois peut-être qu'on va rester ici 21 jours de plus ? Et puis quoi encore ?
Intell : En fait, pas tout à fait. Pour tout vous dire, il y a une base militaire désaffectée pas très loin de là, et nous devons tous nous y rendre pour y survivre 21 jours...
Zundapp : Quoi ? Encore ? Nan mais ça va pas ? Déjà qu'on a tous failli s'entretuer ici !
Là, je suis d'accord... Mince, Intell, t'exagère là ! T'avais prévu ça depuis le début, avoue !

Intell : Nan mais vous en faites pas, ça va être marrant ! En plus, ce sera l'hiver éternel, il n'y a aucun lac pour pêcher mais j'ai prévu un très grand potager pour tous nous nourir !
Maël : L'hiver éternel ? T'es cinglé ? Comment on va faire pour sortir s'il neige tout le temps ?
Intell : Ah, mais personne ne sort, c'est comme ici, on sera obligé de vivre en autarcie.
Tomy : Ah, voilà, c'est le mot que je cherchais l'autre jour !
Ange : Vous faites ce que vous voulez, moi j'en ai marre, je me tire.
Nan mais Ange, reste quoi... Si on doit y aller, c'est tous ensemble ou pas du tout.
Intell : Allez, soyez sympa, vous pouvez pas vous imaginer le temps que j'ai mis à mettre au point le second défi !
Intell, y a vraiment des jours où j'ai envie de te pendre...

Après cette discussion houleuse, on a commencé à se concerter par petits groupes.
Ange : Moi j'vous l'dis : je ne viens pas, c'est hors de question !
Zundapp : Il aurait quand même pu nous le dire plus tôt ! On n'est même pas préparé. L'hiver éternel, vous vous rendez compte ?
Ce que je vois, c'est qu'on va finir par péter un câble si ça continue. Je parie qu'il n'a même pas pensé à la télé, je vais encore rater Battlestar Galactica, moi !
Tomy : Faut pas lui en vouloir, il pensait que ça allait nous plaire. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On le suit ou pas ?
Ange : Moi, je vous préviens tout de suite que je rentre chez moi !
Ange, si on y va, tu y vas aussi, on marche ensemble, on meurt ensemble, c'est clair ?
Zundapp : Hein ? Parce qu'il veut nous tuer en plus ?
Nan mais c'était façon de parler...

Bien sûr, il a fallu que l'incendie choisisse le dernier jour pour éclater au moment où... hum... je faisais une tarte aux fruits rouges comme dernier repas dans cette baraque. Nan mais j'vous jure, j'l'ai pas fait exprès !
Zundapp : Ah, y a l'feu, y a l'feu !
Ange : Poussez-vous, je m'en charge ! Ah, heureusement que je suis là pour vous sauver la mise. C'est pas avec des nigaudes comme vous que l'équipe va s'en sortir ! J'ai intérêt à être derrière vous pour surveiller vos arrières, moi, là-bas.
Ca veut dire que tu viens, c'est ça ?
Ange : Ca veut dire que vous avez besoin de quelqu'un pour éteindre les incendies, et je suis la seule à savoir manier l'extincteur, maintenant tirez-vous !

Tomy : C'est gentil à toi de venir quand même, Ange. Je me serais ennuyé sans toi.
Ange : Oh, Tomy, tu sais très bien que je ne te laisserai jamais tomber.
Tomy : Si tu étais partie, je serais parti moi aussi...
Humph... ça sent le dernier jour, ça... Nan mais allez-y, je vous en prie, ruinez donc ma réputation juste avant la sortie !
Ange : Parker, fiche-nous la paix...
Très bien, puisque c'est comme ça, je vais bouder !

Ben voilà, j'ai à peine le dos tourné qu'ils se mettent à faire des bêtises. Oh et puis faites ce que vous voulez, moi j'en ai marre... Dire que je vais devoir les supporter encore une vingtaine de jours... Intell, je te déteste !

Et c'est ainsi que dans la soirée nous sommes partis, l'âme en peine, non pas à l'idée de devoir quitter cette maison mais surtout dû au fait que nous allons souffrir encore et encore, dans cette ancienne base militaire dont Intell nous a parlé. Ah, j'vous jure, si j'avais la possibilité de le balancer sous un satellite, je le ferais !
Maël : Bon, t'avance ?
Hein ? Ah... euh oui... Bon, bah... c'est parti... J'aurais jamais dû accepter...